Mondial de handball 2015: les ambitions de la diplomatie sportive qatarie

Agaçant, ambitieux, omniprésent, les qualificatifs ne manquent pas pour désigner « l’hyperactivité » sportive d’un micro-Etat qui fascine comme il inquiète. Pour tout vous dire, ils ne sont qu’une poignée de pays à susciter autant d’interrogations et à ne délivrer que si peu de réponses. Entre vitesse et communication, l’effervescence littéraire et médiatique sur le Qatar, a conduit à l’émergence d’un nouvel emblème académique, au croisement de la géographie, de l’histoire, des sciences politiques, de l’économie ou encore du droit. L’objectif étant de sortir de son ornière culturelle déformante pour saisir les marqueurs culturels géopolitiques de ce terrain.

Une diplomatie sportive

Etat indépendant depuis 1971, et disposant d’une faible population d’environ deux millions d’habitants (dont 15% de nationaux) sur un réduit géographique de 11.437 km2 (superficie proche de la Corse ou de la Dordogne); le Qatar est un micro-état, désigné en 2012 par le Fonds Monétaire International (FMI) comme le deuxième pays le plus riche du monde (98.144 dollars /habitants). Les échelles qataries donnent le vertige. Mais, derrière cette ambivalence se cache une réalité beaucoup plus fondamentale.

L’émirat, animé d’une soif insatiable d’influence, est résolu à frapper fort avec le sport. En effet, Il a sans toucher mot, poursuivi sa moisson à une vitesse étonnante en postulant à de nombreux événements sportifs de dimensions et de nature différentes. Il organise un tour cycliste, un meeting international d’athlétisme, des courses équestres, des courses automobiles et le premier tournoi de tennis de la saison professionnelle. De même, il prépare un forum politique consacré au sport (Doha Goals), et un jour férié a même été spécialement décrété. Puisant dans une mondialisation qui se reconfigure, cette suractivité sportive a pu être interprétée comme le déploiement d’un périmètre d’influence. Celle-ci suscitant la tension des poids lourds traditionnels du sport.

Dans une autre perspective, barré dans son expression militaire, et coincé dans l’ombre de grands voisins, le Qatar se voit dans l’obligation d’investir le support du Soft Power dans le cadre d’une diplomatie multiforme et existentielle. Surdéterminé, le sport garantit une véritable politique de sens, impliquant la mobilisation de représentations collectives et de symboles. A l’échelle des Etats du Golfe, il devient même l’outil d’une différenciation permettant d’entreprendre ce que ses voisins régionaux n’ont jamais pu totalement faire: la construction d’une industrie sportive intégrée dans la mondialisation économique du sport.

Un test : la Coupe du Monde de Handball

Le Qatar accueille du 15 janvier au 1er février les championnats du monde de handball. Ce sport à l’origine germano-scandinave est de longue date la chasse gardée des pays européens. Le titre mondial n’a jamais échappé à un pays du Vieux continent, la France est la nation la plus titrée avec la Suède et la Roumanie. L’Égypte ou la Tunisie en 2005 ont bien essayé de changer la donne en organisant la compétition, mais difficile de venir briser l’hégémonie sportive européenne. Or, par une stratégie ambitieuse d’accueil d’événements sportifs, le Qatar déplace les sports de leur référencement géographique.

En effet, au nez et à la barbe de la candidature française le Qatar a démontré à l’IHF (la Fédération internationale de Handball) sa volonté d’investir le développement du handball mondial. Tout d’abord en investissant massivement dans le handball européen, notamment au PSG Handball, où les dirigeants du fonds sportif qatari (QSI) ont transposé la même ambition sportive qu’avec le football au PSG en recrutant les grandes stars du Handball mondial.

De même, beIN Sports, filiale du groupe audiovisuel qatari Al Jazeera, est devenu le diffuseur de l’événement et de la distribution au plan international. Les Qataris ne lésinent pas non plus sur les investissements en termes d’infrastructures. Les trois salles flambant neuves sont des bijoux d’architectures et de confort que la France, même avec le Stade Pierre Mauroy de Lille, ne pouvait concurrencer. L’IHF a donc préféré donner un coup de projecteur au handball en délocalisant sa compétition phare de son continent de prédilection comme le font aujourd’hui les ligues de football européennes ou les ligues américaines en jouant en Chine ou au Maroc.

Un développement qui a ses vulnérabilités

Si c’est donc en Europe que l’on compte le plus de fans de handball, ce sport connaitrait aussi une forte popularité non seulement au Qatar mais également dans tout le monde arabe, assure Mohamed Jaber Al Mulla, secrétaire général de la fédération qatarie sur le site web dédié à l’événement. Le handball serait même le 2e sport le plus populaire du pays, quand d’un point de vue toujours sportif, l’équipe du Qatar, est le vainqueur du championnat d’Asie 2014, et ambitionne aujourd’hui de faire mieux que sa 16e place lors du mondial en 2003. Pour renforcer son équipe nationale, le Qatar a renoué avec une vieille polémique, celle de la naturalisation, à commencer par celle du Français Bertrand Roiné et de l’Espagnol Borja Vidal Fernandez, qui ont accepté de défendre les couleurs de l’émirat du Golfe.

A une autre échelle, une autre polémique opposant le Qatar à des défenseurs des droits de l’Homme sur les conditions de travail de la main d’oeuvre étrangère sur les chantiers des futurs évènements sportifs (notamment la Coupe du Monde de Football qu’il doit organiser en 2022), ont fait des récents travaux un test majeur pour le pays. Concernant les trois complexes sportifs dédiés aux Mondiaux de handball dans lesquels pas moins de 26.000 ouvriers se sont attelés, ou pour les futures échéances sportives, l’état du Qatar devra créer les conditions d’un vivre ensemble plus respectueux du droit du travail et des conditions de vie de ces véritables sacrifiés du triomphe économique.

Enfin, fort d’équipements et d’installation de qualité pour l’accueil des sportifs et des spectateurs, le Qatar a même prévu des offres spéciales avec des billets d’avions et des formules d’hébergements pour attirer le plus grand nombre de spectateurs. Il est vrai que les 700 licenciés de la fédération qatarie de handball ne pourront remplir à eux seuls, les 15.000 places de l’enceinte du Lusail Multipurpose Hall.

Le FC Barcelone, marque modèle pour le PSG ?

FC Barcelona v Real Madrid CF - La Liga

Pourvoyeur de sens, moteur d’un sentiment d’appartenance mais également présent à tous les niveaux de la société, le football est un objet surdéterminé. Pour de nombreux auteurs, il est aussi appréhendé comme un vecteur de représentation culturelle et marketing, dont les occurrences (positives ou non) produisent des émotions qui impactent le regard de l’autre.

Ainsi, « Mes que un club » ou « Rêvons plus grand » sont deux slogans, deux perspectives qui révèlent d’un ordre symbolique que deux des plus prestigieux clubs au monde (Le FC Barcelone et le PSG) souhaitent inscrire dans leur environnement. Racheté en 2011 par la branche sportive (QSI) du fonds souverain qatari (QIA), les dirigeants de ce micro-état du Golfe ambitionnent de faire de la capitale parisienne un phare mondial sportif et omnisport. Quand au FC Barcelone, référence du football mondial, il a signé en 2010 un partenariat sportif global avec le Qatar Foundation (QF) et le fonds sportif Qatar Sport Investment (QSI) d’un montant supérieur à 160 millions d’euros sur cinq ans.

Ambitieux et omniprésent, les qualificatifs ne manquent donc pas pour désigner « l’hyperactivité » de ces deux véritables industries sportives. Partant de ce principe, et au sortir de la phase de qualification des clubs en ligue des champions, nous avons choisi de poser notre regard sur l’attractivité de la marque relationnelle FC Barcelone. Entre mondialisation et identité locale, le Barça est-il mes que un club ?

Le FC Barcelone, une marque locale à l’identité forte.

Le FC Barcelone est le club emblématique de la ville de Barcelone, capitale politique et administrative de la Catalogne. Il appartient à une caste de plus en plus rare dans le monde du sport aujourd’hui, celle des clubs avec une identité locale forte. L’histoire tumultueuse de la Catalogne a façonné l’identité du FC Barcelone devenu une véritable institution dans la région pour les Catalans. Le catalanisme est perçu à toutes les composantes du club. Ainsi, le logo du club reprend les couleurs de la Senerya, le drapeau catalan et la croix Saint Jordi en référence au saint patron de la Ville. Le catalan, langue officielle de la Catalogne, est la langue principale du club que ce soit pour communiquer avec la presse ou ses supporters. Le club n’a pas hésité à revendiquer son soutien à la cause indépendantiste lors du dernier référendum comme pour narguer la ligue espagnole de football qui la menaçait d’exclusion des différentes compétitions espagnoles. Les succès du club et le développement économique de la métropole de Barcelone n’ont pas entaché cette relation quasi fusionnelle entre ce club et son territoire. Alors que la ville compte près de 2 millions d’habitants, attire une nouvelle main-d’œuvre qualifiée et des touristes du monde entier, le FC Barcelone conserve une importante popularité parmi la population locale, et ce malgré l’existence de l’Espanyol Barcelone. Cette popularité n’a pas échappé aux sponsors locaux tels que la Caixa ou Estrella Dam qui ont décidé d’associer leurs marques aux valeurs du FC Barcelone. Le FC Barcelone est bien plus qu’un simple club de football en Catalogne.

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Club de la Catalogne avec des sponsors du monde entier

Masia et Camp Nou, au cœur de la politique sportive du FCB

La politique sportive menée par le FC Barcelone renforce encore plus son identité et sa relation avec son territoire. L’une des fiertés du Barca et qui fait des envieux dans le monde du football est la Masia. Ce centre de formation est la référence dans le monde pour avoir fait éclore des talents tels que Leo Messi, Xavi, Iniesta ou Pep Guardiola. L’objectif de la Masia demeure dans la volonté de permettre à des jeunes formés avec la philosophie de jeu et de vie du FC Barcelone d’intégrer l’équipe professionnelle. En 2010, 8 des 11 joueurs ayant remporté la ligue des champions avec le FC Barcelone provenaient de la Masia. Cette politique accentue la reconnaissance des supporters envers des joueurs qui ont grandi autour des valeurs similaires. Des joueurs qui deviennent par la suite les entraineurs des équipes de jeunes afin de perpétuer l’esprit de la Masia.

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Lionel Messi,symbole de la réussite de la Masia

La Catalogne prend le pouls de l’affirmation identitaire au sein de la population chaque soir de grands matchs du FC Barcelone dans son stade, le Camp Nou. Le plus grand stade européen qui peut accueillir jusqu’à 100 000 spectateurs pourrait laisser croire qu’un meeting d’Esquerra Republicana de Catalunya, le parti pro-indépendantiste le plus important de Catalogne s’y tient à chaque match. Les drapeaux de l’Estelada, les banderoles, les chants catalans témoignent de l’intensité du sentiment indépendantiste qui règne dans la Catalogne. Théâtre des exploits de certains des plus grands joueurs de l’histoire, le Camp Nou est un stade mythique pour les passionnées du ballon rond dans le monde entier. Il est également un lieu symbolique du mouvement indépendantiste catalan. Pendant la dictature franquiste, le Camp Nou était le point de ralliement des militants indépendantistes. Le Camp Nou, construit par des architectes catalans, est devenu l’un des fiefs du mouvement indépendant catalan. Le stade du FC Barcelone voit se dérouler en son sein des concerts, des chaines humaines, des meetings politiques pour la cause indépendantiste catalane. Les succès et le prestige du club barcelonnais ont fait du Camp Nou une institution pour les partisans d’une Catalogne indépendante qui dépasse le cadre du football.

Le FC Barcelone, une firme globale

Ambassadeur de l’identité catalane et épicentre du football mondial, le club de Barcelone s’est largement mondialisé. Pour rendre compte de cet aspect de notre analyse, nous avons choisi d’utiliser le concept de Firme Transnationale (FTN) de l’économiste Wladimir Andreff pour désigner l’élargissement du périmètre d’influence de la firme Barca. En effet, à la manière des plus grandes multinationale, le club de Barcelone a développé des stratégies de diversification lui permettant une exposition planétaire. Il convient alors de s’intéresser à quelques exemples de sa mise en œuvre. Parmi celles ci :

Une diversification géographique des partenaires du Barca

Perçu comme un des moyens d’investissements à haut potentiel d’influence, dans une économie sportive qui appelle à la fascination, des états ou des multinationales accolent désormais leurs sponsorings au club Catalan. De l’Indonésien Indosat, au Saoudien Samba, en passant par le Turque Beko, la mondialisation contribue à étendre la zone et le flux des investissements.
carte sponsors fcbarcelona

Un paysage numérique dense

Les outils de l’internet permettent de façonner un paysage et une identité compétitive au FCB. Ils redessinent un lien privilégié entre les Fans-Consommateurs et le club défini sur une combinaison de perspective qui repose entre « gratuité » et proximité. Par conséquent, et avec plus de 120 millions de fans dans le monde, le FC Barcelone est le club le plus populaire des réseaux sociaux. Cette diffusion géographique sur les internets achève la transversalité de la marque FC Barcelone.

Au final, la marque Barça participe au déploiement de l’influence mondiale d’un club à l’identité locale forte. Un positionnement global investis, dans le cadre de la mondialisation, d’objectifs de différenciation et de mise en valeur. Pour le PSG, le défi est immense. Mais n’est-ce pas là, le sens de son slogan ?

Le PSG : objectif top 10 des franchises sportives grâce au social media.

PSG.fr

Alors que son objectif sportif est de remporter la Ligue des Champions, le Paris-Saint-Germain se lance un défi de taille à la mesure des ambitions du Qatar intégrer le top 10 des franchises sportives. Pour réussir ce challenge, le PSG va pouvoir s’appuyer sur son succès sur les réseaux sociaux.

Un récent article de Forbes.com classe les 50 franchises sportives les plus puissantes d’un point de vue économique en 2014, les trois premiers sont des clubs de football européen. Le PSG n’apparait pas encore dans cette liste globalement dominé par les équipes de sport américain. Ce classement a été réalisé en prenant notamment en compte les revenus, la valeur des actifs et la popularité des franchises. Le Real Madrid, le FC Barcelone et MU profitent de leur popularité mondiale pour devancer les franchises américaines omniprésentes dans cette liste. Les pages Facebook des franchises sportives ne sont peut-être pas les indicateurs de popularité les plus pertinents, mais nous renseignent déjà sur l’écart entre le football européen et les sports américains. Le FC Barcelone avec 77 millions de fans sur sa page Facebook occupe la première place loin devant les Los Angeles Lakers (8e et première équipe hors football) avec seulement 21 millions de fans. Pour entrer dans ce top 10 des franchises sportives les plus puissantes, le PSG peut déjà compter sur le marché sans frontières du football au contraire des franchises NFL ou de Major League de Baseball qui se contente du riche marché américain. L’autre avantage du PSG est le social média qui permet aujourd’hui à un club d’atteindre des fans partout dans le monde et de pouvoir ainsi rejoindre dans les années qui viennent le cercle fermé des tops franchises sportives beaucoup plus rapidement que par le passé.


Le FC Barcelone est le club le plus populaire sur Facebook.

Où se situe le PSG ?

Le PSG comptait près de 1,2 million de fans sur Facebook et générait des revenus à hauteur de 100 millions d’euros pour la saison 2010-2011. Le PSG était déjà perçu comme un club au potentiel énorme en raison de la puissance démographique et économique de la région parisienne et de la renommée de la capitale française dans le monde. L’arrivée des investisseurs qatariS a permis au PSG de changer de dimension à la fin de la saison 2011. Les résultats sportifs sont au rendez-vous 2 titres de champion de France en 3 ans, mais aussi sur le plan économique. Selon le cabinet Deloitte en 2013, le PSG se classe à la 5e place des clubs les plus riches de la planète. Le PSG est le club qui génère le plus de recettes commerciales dans le monde du football avec plus de 257 millions d’euros. Cette progression économique et sportive est accompagnée d’une stratégie social média d’envergure internationale.

Le PSG, une franchise globale.

Le PSG se situe avec 14M de fans sur Facebook et 1,6 million sur Twitter à la première place des équipes sportives avec le plus de fans sur les réseaux sociaux, à la 11e place des pages Facebook de football dans le monde et 15e place des pages sportives tous sports confondus dans le monde ! Le PSG a réussi un véritable bond en avant en trois ans grâce à une stratégie bien menée.

Les équipes digitales du PSG ont tout d’abord mis en avant les atouts de la marque « PSG » : la ville de Paris et ses attraits touristiques sont connus dans le monde entier même par les non-initiés à l’équipe du PSG. Les monuments de Paris sont présents dans la plupart des publications du club. Le rayonnement de l’image de la ville permet au club de s’offrir des fans du monde entier. Les bons résultats du club en Ligue des Champions et l’arrivée de stars internationales comme Zlatan Ibrahimovic ou David Beckham ont aidé le club de la Capitale à avoir plus de fans internationaux que français. Il n’est donc pas surprenant de voir que le contingent le plus important de fans sur Facebook est brésilien avec 2 millions de fans (le PSG compte 5 Brésiliens dans son effectif). Plus surprenant, le deuxième contingent le plus important du PSG provient d’Indonésie avec plus de 1,6 million de fans. Le PSG a donc ouvert des pages Facebook en 8 langues différentes afin de répondre à l’engouement international autour de son club.

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Le PSG sur les réseaux sociaux

Engagement et divertissement comme crédo

Ce succès s’explique par la stratégie sociale du PSG dont chaque réseau social est voué à un type de communication précis. Le PSG préfère ainsi diffuser à ses fans un contenu informatif comme les vidéos des buts, les classements, l’actualité du club sur son site internet plutôt que sur les réseaux sociaux. Sur Twitter ou sur Facebook, le PSG privilégie la publication d’un contenu engageant et instantané avec ses fans afin de créer de la conversation autour de la marque « PSG ». Si les jeux-concours, les photos et vidéos de la vie du club sont les publications que l’on retrouve le plus fréquemment, le PSG se lance dans la création de contenu original et divertissant.
L’exemple le plus évocateur de cette stratégie est le quart de finale de Ligue des Champions entre le PSG et Chelsea qui fut un véritable match dans le match sur les réseaux sociaux. Les équipes community management des deux clubs ont créé du contenu exclusif pour ce match avec une tonalité humoristique qui a permis au match de devenir un évènement sur les réseaux sociaux. Le PSG a réussi à faire réagir ses fans avant, pendant et après les matchs leur permettant de vivre une expérience digitale unique autour de cet évènement. Pour que les interactions s’effectuent tout au long de l’année, le PSG met ses joueurs à contribution dans des vidéos, des photos qui s’inscrivent dans sa volonté de divertissement et de storytelling.

Le PSG sur les réseaux sociaux lors de PSG-Chelsea

La monétisation pour objectif

La stratégie sociale du PSG n’a pas pour seuls objectifs d’accroitre le nombre de like, de commentaires, de retweets ou de vues. Le PSG est devenu une puissance commerciale dont la performance social media est un argument de poids dans la signature de nouveaux contrats de sponsoring, pour augmenter le nombre de places VIP vendues au Parc des Princes, ou encore améliorer les ventes de maillots et de produits dérivés estampillés PSG.

Le PSG utilise considérablement les références aux lieux touristiques de la Capitale dans ses publications. Le but est clairement de faire du Parc des Princes une attraction touristique incontournable à Paris comme l’est devenu le Camp Nou à Barcelone avec des fans du monde entier qui dépense leur argent pour venir fouler la pelouse des exploits de Leo Messi. Ce n’est pas non plus un hasard si le Brésil, pays où le PSG compte le plus de fans dans le monde, a été choisi pour dévoiler le maillot 2014-2015 lors de la Coupe du Monde en organisant un match sur la plage de Copacabana. Cette opération relayée sur Facebook a pour objectif d’accroitre la vente de maillots du club à l’international pour se rapprocher des chiffres astronomiques du Real Madrid ou de Manchester United. Mais ceux qui se frottent les mains avec la réussite du PSG sur les réseaux sociaux sont surtout les sponsors du club (Nike , Fly Emirates, Citroen, Huawei…) qui avec une audience de plus de 14 millions de fans peuvent promouvoir leurs produits à autant de clients potentiels. On retrouve de nombreuses publications dédiées aux sponsors du club comme Nike,Citroën ou Nivea. Les performances du PSG dans le domaine du « social média » deviennent presque aussi importantes que ses résultats sportifs aux yeux des sponsors qui gardent un oeil attentif à la communication digitale du club parisien. Plus celle-ci sera de qualité, plus les marques souhaiteront collaborer financièrement avec le PSG dans les années à venir.

Le PSG est dans les temps pour atteindre ses objectifs reste à savoir s’il remportera une Ligue des Champions avant de devenir l’une des 10 plus importantes franchises sportives dans le monde.

Comment FIFA est-elle devenue la simulation de football de référence ?

 Messi EA FIFA15

C’est l’évènement que tout fan de football qui se respecte a noté dans son agenda : la sortie du jeu FIFA 15 d’Electronic Arts. Si pendant de longues années le rival Konami opposait une résistance féroce, FIFA fait aujourd’hui cavalier seul sur ce marché lucratif. Devenu la référence absolue des simulations de football, FIFA est une véritable machine à la stratégie marketing bien huilée qui ravit de nombreux gamers à travers le monde.

FIFA 15 est le dernier opus d’une série lancée en 1993 par Electronics Arts (EA). Le studio américain est un spécialiste de la simulation de sports avec des licences telles que NHL, Madden NFL ou NBA Live. Cependant, FIFA reste l’étendard d’EA Sports de par la portée universelle du football mais aussi par son succès commercial et critique. Le succès, EA a bien cru ne jamais le rencontrer pour FIFA. Pendant de longues années, FIFA évoluait dans l’ombre du japonais Konami et son Pro Evolution Soccer. PES, pour les puristes, était jusqu’en 2008 considéré comme la valeur sure des jeux vidéos de football. Le sacrilège intervenant en 2006 pour FIFA lorsque PES devint le bien culturel le plus vendu en France. FIFA était à l’époque raillée pour son côté « arcade » par les amoureux de football virtuel tandis que PES était vanté pour son rendu proche d’une retransmission télévisée. Alors comment FIFA a réussi à inverser la tendance ?

Un Marketing efficace

Sans entrer dans des analyses détaillées du gameplay ou du graphisme des deux jeux, FIFA est venu battre PES sur son terrain de jeu favori, le gameplay. EA est parvenu à créer une simulation de football qui surpasse PES sur ce point. Tout y passe ou presque de la passe aux dribbles chaloupés, des frappes en pleine lucarne jusqu’aux contacts entre joueurs, le fan de football s’immerge dans un niveau de simulation rarement atteint pour un jeu de sport. L’arrivée des consoles PS3 de Sony et Xbox360 de Microsoft va également mettre en lumière l’avantage graphique pris par FIFA face à son concurrent japonais à la fin des années 2000. Konami semble s’être reposé sur ses lauriers quand EA reprend les clés du succès de son rival nippon.

Dans un premier temps, les fans de PES sont peu enclins à se diriger vers l’ennemi longtemps brocardé . Difficile pour eux de tourner le dos à une licence pour laquelle ils ont voué un culte absolu. EA va les convaincre avec une stratégie marketing efficace. Pour persuader les fans de football de changer de camp, FIFA va s’associer ni plus ni moins qu’avec Lionel Messi, la star incontestée du football mondial. Ce dernier était pourtant la tête d’affiche de PES depuis 2009. Coup dur pour Konami qui choisit alors Cristiano Ronaldo pour le remplacer.FIFA et PES se livre à une bataille acharnée pour avoir les ambassadeurs les plus populaires sur leurs jaquettes. Avec 20% de son budget marketing consacré au sponsoring, FIFA signe des contrats avec une star du pays où le jeu est commercialisé. Wayne Rooney et Karim Benzema sont apparus respectivement sur la couverture de FIFA en France et au Royaume-Uni. Le studio américain va également obtenir les licences de ligues professionnelles comme la Premier League anglaise, de clubs, de stades et de compétitions. Autant de raisons qui poussent un fan de football à préférer un jeu plutôt qu’à un autre. Au fil des nouvelles versions, les irréductibles fans de PES doivent se rendre à l’évidence FIFA est devenu la référence des jeux de football même pour les acteurs du monde du football. Les chiffres sont éloquents, FIFA14 s’est vendu à plus de 14 millions d’exemplaires dans le monde l’année dernière portée par l’effervescence autour de la coupe du monde et les consoles nouvelles générations.

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Lionel Messi et Eden Hazard sur la jaquette de FIFA 15.

 

Une communication parfaite

La communication, un autre domaine qu’Electronics Arts Arts maitrise parfaitement. La sortie de FIFA est devenue un évènement annuel qui dépasse la sphère des passionnés du jeu vidéo. Cette année, la publicité du jeu FIFA est diffusée sur tous les écrans de TV avec en guest-star Lionel Messi quelques semaines avant sa sortie officielle. La campagne média est accompagnée d’opérations promotionnelles avec la presse spécialisée dans les jeux vidéos mais aussi la presse sportive. Ces derniers sont des relais importants pour EA tant ils peuvent influer sur la décision des potentiels acheteurs. Les journalistes permettent au groupe américain de distiller les dernières informations et impressions aux joueurs sur la dernière mouture du jeu. EA cible également des personnalités « leaders d’opinion » dont le pouvoir d’influence dans le monde du football est fort. Citons les journalistes Pierre Ménès, Daniel Riolo ou Sebastien-Abdelhamid qui sont très suivis et actifs dans les médias. Ainsi, FIFA 15 avant même sa sortie est déjà plébiscité et dans toutes les conversations des acteurs du football.

Pierre Menes, un relais de communication pour EA Sports.

Une stratégie digitale qui fonctionne

La principale force de FIFA est d’avoir fédéré une communauté de joueurs grâce à internet. Les consoles générations (Xbox 360,PS3, Xbox One et PS4) ont permis le développement du jeu en ligne pour « les joueurs de salon ». Aujourd’hui, les joueurs de FIFA peuvent mettre à jour leur jeu, télécharger du contenu, affronter des joueurs du monde entier en ligne mais surtout jouer à des modes de jeu exclusifs. C’est d’ailleurs la nouvelle poule aux œufs d’or d’EA, le mode free-to-play « FIFA Ultimate Team » sorte de jeu de cartes qui permet aux joueurs de créer sa propre équipe. Pour acquérir de nouveaux joueurs ou améliorer les caractéristiques, il faut acheter des crédits en utilisant de l’argent bien réel. Mini-révolution dans le monde de la simulation sportive, le mode est devenu un incontournable pour les fans de FIFA et EA. Cette année, les joueurs pourront même créer leur propre équipe sur leur smartphone.

FIFA sait également tiré profit à merveille des réseaux sociaux. Alors que PES ne compte que 140 000 abonnés Twitters et 12 millions sur Facebook, FIFA en dénombre plus de 2 millions pour Twitter et 22 millions sur Facebook. Cet écart s’explique par l’activité incessante des différents comptes de FIFA pour interagir avec ses fans à travers des jeux-concours, de l’instant marketing, des vidéos et photos avec des joueurs professionnels. Le but est de créer de la conversation autour du produit phare d’EA. Les réseaux sociaux sont essentiels dans la stratégie de communication EA Sports car sa cible première est une grande consommatrice de ces nouveaux médias. C’est pourquoi EA a retransmis en direct sur Youtube la soirée de lancement de FIFA15 avec la presse et des célébrités. FIFA ne peut se passer de sa communauté de fans qui sont aujourd’hui les premiers ambassadeurs du jeu.

soirée fifa lancement
La soirée de lancement était diffusée en direct sur Youtube.

La communauté de fan de FIFA est très active. De nombreux site, blogs, forums à la gloire de FIFA permettent aux joueurs d’échanger et de partager leur expérience mais les plus populaires sont les « Youtubers FIFA ». A la manière des Youtubers qui diffusent des vidéos humoristiques, les youtubers FIFA se mettent en scène autour du jeu d’EA. Simple joueurs ou champion du monde de FIFA comme Bruce Grannec, ces vidéos aux millions de vues intéressent de plus en plus le studio américain. FIFA profite de sa communauté mondiale de joueurs pour faire du marketing collaboratif à l’instar des géants de la technologie. La plupart des nouveautés d’une version de FIFA répondent aux demandes des joueurs. EA en associant ses propres consommateurs au développement du jeu ou à la proposition d’idées, s’inscrit dans une volonté de développer un jeu « customer-friendly ».

De la position de challenger à la fin des années 2000, FIFA est devenu le roi de la simulation de football grâce à une recette mêlant marketing digital, sponsoring et publicité. En réussissant à créer une communauté de joueurs dans le monde et en bénéficiant de la monétisation du mode « FIFA Ultimate Team », EA possède une licence très rentable qui a relégué la concurrence loin derrière.

Under Armour, la marque qui monte.

 Lindsay Vonn

Dans l’industrie du sportswear, les deux mastodontes que sont Adidas et Nike écrasent la concurrence depuis des années. Difficile pour une marque de venir affronter une concurrence de cette envergure sur un terrain qui pèse près de 200 milliards de dollars dans le monde.

Pourtant de nouveaux équipementiers s’essayent à venir grappiller les parts de marchés d’Adidas et Nike sans véritable succès. On peut citer entre autres le chinois Li Ning, Puma ou plus récemment encore la marque Burrda Sport. Avec plus ou moins de succès, ces marques prennent les rares miettes que leur laisse le puissant duo germano-américain. Cependant, une marque vient mettre à mal le mano à mano entre Nike et Adidas, il s’agit de l’américain Under Armour.

Histoire et identité de la marque

Fondé en 1996 par Kevin Plank, ancien joueur universitaire de football américain, qui remarque lors de ses entrainements que ses t-shirts en coton devenaient rapidement une contrainte à l’effort. Il décide alors de créer des t-shirts « sous-couche » qui ne deviennent ni mouillé ni lourd à porter et surtout qui évacue la transpiration tout en aidant à la performance. L’idée était là, il fallait là faire connaitre.

Aidé au départ par son réseau dans la ligue universitaire de football américain, la marque se fait connaître petit à petit dans le monde de la NFL qui reste le sport n°1 aux États-Unis. On voit apparaître les fameux t-shirts Under Armour sur les terrains, mais le succès est alors minime. La marque va vivre un tournant avec le tournage du film «  L’enfer du dimanche » fresque de deux heures qui dépeint le monde de la NFL. Les producteurs contactent alors Kévin Plank pour que les acteurs du film portent ce t-shirt au look futuriste. Avec ce coup de publicité, les t-shirts Under Armour incontournables dans le sport américain.

Fort de ce succès, Kévin Plank met en place une stratégie qui va permettre à sa compagnie de ne pas rester confiné au t-shirt « sous-couche » que Nike et Adidas vont également ajouter à leur catalogue plus tard. Under Armour lance par la suite des t-shirts, des shorts, des sweatshirts, des sous-vêtements reprenant les caractéristiques du t-shirt « sous-couche ». La gamme de produits s’étend, permettant à la marque de devenir un équipementier sportif à part entière. Les revenus de la marque s’établissent en 2013 à plus de 2 milliards d’euros.


Kevin Plank, le fondateur d’Under Armour

Le positionnement de la marque

Le positionnement d’Under Armour au départ est simple, offrir des vêtements sportifs innovants, confortables et performants pour les athlètes. Le succès de la marque permet aujourd’hui de viser le grand public, même si les clients ne sont pas considérés comme tels, mais plutôt comme des athlètes à qui il faut offrir le meilleur produit.

L’innovation est l’un des piliers de la marque. Les futurs produits de la marque naissent dans un laboratoire ultra-sécurisé au siège social d’Under Armour à Baltimore qui démontre l’importance donnée par Kévin Plank à l’innovation pour son entreprise. Après avoir lancé son fameux t-shirt en polyester, la marque continue à lancer de nouveaux produits avec des innovations comme l’armour39, une ceinture à porter au niveau de l’abdomen qui est capable de mesurer votre pouls, vos calories dépensées et l’intensité de votre effort en étant connecté à une application et à une montre. La marque de Baltimore ne s’arrête pas là, elle a également décidé de remplacer l’historique « zip » par des magnets qui ont pour but de faciliter la fermeture d’un vêtement avec une seule main d’où son appellation le « MagZip ». L’innovation pour une marque de vêtements est essentielle afin se démarquer de ses concurrents qui propose à quelques détails près les mêmes produits. L’innovation permet aussi à une marque de toujours paraître en avance par rapport aux autres marques auprès de ses clients.

L’innovation a permis à Under Armour de se démarquer et séduire le monde du sport professionnel, il ne restait plus qu’à se faire connaître du grand public. Pour atteindre cet objectif, la marque va créer des campagnes publicitaires avec des slogans efficaces mettant en scène quelques-unes des figures du sport américain. Tom Brady, quaterback des New England Patriots, Lindsay Vonn, championne olympique de ski et surtout le nageur Michael Phelps (natif de Baltimore) recordman des médailles remportées aux JO. Le sponsoring de sportifs est indispensable à la stratégie d’une marque de sport. Under Armour obtient une exposition médiatique inespérée lors d’évènements tels que les Jeux Olympiques ou le Superbowl. Sans occulter le fait que les stars sont de puissants arguments de vente pour Kévin Plank auprès des futurs clients. L’effet du mimétisme marche à plein régime dans le sport. La mise en scène est encore plus importante. La campagne publicitaire « Protect this house » de 2003 a marqué les esprits de nombreux Américains et permis à la marque de Baltimore de gagner en notoriété grâce à ce cri de ralliement tiré du football US qui peut-être aussi utilisé par le père de famille que le directeur d’entreprise. Le succès de cette campagne est tel qu’elle fait partie intégrante de l’identité de la marque désormais. Les dernières campagnes d’Under Armour » voguent toujours sur le slogan  de 2003 avec les films « Protect this house : I will ». Ces campagnes aux budgets vertigineux avec des stars du sport mondial ne sont pas sans rappeler la recette utilisée par les géants Nike et Adidas pour accroitre leur notoriété et leur visibilité.


Le fameux t-shirt Under Armour dans le film Captain America 2

Les axes de développement

Les ventes d’Under Armour ont explosé à un tel niveau que l’objectif déclaré de la marque de Baltimore est de venir marcher sur les plates-bandes de Nike, LA référence du secteur du sportswear. Pour le moment, l’entreprise de Kévin Plank ne semble pas pouvoir faire le poids. Nike génère plus de 20 milliards de dollars à travers le monde quand Under Armour déclare un chiffre d’affaires 10 fois moins important. Under Armour veut rattraper ce retard dans les années qui viennent avec une nouvelle stratégie de développement.

Under Armour veut séduire une nouvelle cible qui n’est pas aux premiers abords la plus sensible à l’image « athlétique » de la marque, les femmes. Nike et Adidas ont pris cette décision au tournant des années 2000 en lançant des collections destinées aux femmes pour répondre à leurs besoins. Fini les survêtements unisexes, les femmes pouvaient enfin avoir droit à des couleurs, des tissus et des tailles leur étant entièrement consacrées. La tendance du sport « bien-être » avec la percée des clubs de fitness, de la musculation et du yoga ne font qu’accentuer un phénomène qui prend de l’ampleur, le sportswear se conjugue au féminin. Under Armour dont la branche féminine représentait moins de 25% l’année dernière souhaite répondre à cette demande du mieux possible. Kevin Plank a ainsi recruté une directrice artistique, Leanne Fremmar, uniquement dédiée aux produits féminins. La marque copie le modèle des marques de la « fashion industry » et lance une collection composée de débardeurs, capris, leggings, soutien- gorges qui font passer la marque du sportwear au fitness. Pour atteindre son objectif d’un milliard de chiffres d’affaires pour sa gamme de produits féminins en 2016, Under Armour devra réussir à faire le grand écart entre son ADN athlétique et un marché féminin plus porté vers le bien-être.


Gisèle Bundchen, nouvelle hégérie de la marque

Une des raisons de la position dominante de Nike dans le sportswear s’explique par les chiffres exceptionnels de ses ventes de chaussures dans le monde. Véritables icônes, portées par les grands de ce monde, près de la moitié des ventes de produits estampillés Nike sont des paires de chaussures contre seulement 13% pour Under Armour. Les dirigeants de la marque en ont bien conscience, s’ils veulent détrôner la marque de l’Oregon il faudra venir la bousculer sur ce marché aux marges généreuses. Cette année, Kevin Plank a sorti son arme secrète la Speedform Appollo qu’il aimerait voir devenir comme le produit phare de sa marque pour dépasser les 2.5% de part de marché aux États-Unis dans le footwear. Pour réussir ce pari, Under Armour a tenté de s’attacher les services de Kevin Durant, élu MVP de la dernière saison NBA, en lui proposant 285 millions de dollars sur dix ans et 10% des actions de l’entreprise. Cette offre aurait permis à Under Armour de s’imposer comme un challenger de taille sur le marché de la basket tant les stars NBA sont des arguments de vente de poids. Nike, sponsorisant déjà Lebron James et Kobe Bryant ne voulait surtout pas voir le MVP quitter son giron, cela aurait été un signe de la montée en puissance d’Under Armour sur un marché que la marque à la virgule ne souhaite pas partager. Nike a donc soumis une offre record de 300 millions de dollars sur dix ans, Kevin Durant ne sera donc pas la tête d’affiche tant désirée par Kevin Plank pour conquérir des parts de marché dans le footwear.

Under Armour est une marque qui connait un succès grandissant aux États-Unis, mais possède peu de points de vente à l’international. Ainsi, 94% de son chiffre d’affaires provient des États-Unis en 2013 démontrant sa dépendance au marché américain. Il n’en fallait pas plus pour que la marque se lance à la conquête de nouveaux marchés grâce à l’expertise de l’ancien vice-président du groupe Adidas en Amérique latine : Karl-Heinz Maurath. Pour se faire connaitre, la marque sponsorise le club de football londonien de Tottenham et le club de rugby de Clermont en Europe, tandis que pour l’Amérique latine c’est le club chilien de Colo-Colo qui a été choisi. Cette stratégie de sponsoring très ciblé combiné à l’ouverture de points de vente « brand house » comme à Shanghai s’avère pour le moment payante. Durant le premier trimestre 2014, les ventes en dehors des États-Unis ont augmenté de 92% par rapport à l’année précédente.

Under Armour grâce à une stratégie rondement bien mené depuis sa création a réussi à se faire une place de choix dans un secteur concurrentiel. Témoin de sa réussite, Adidas vient de perdre sa place de n°2 au profit d’Under Armour aux États-Unis qui voit ses ventes grimpé de 20% depuis le début de l’année. Néanmoins, Under Armour reste loin derrière Nike sur le sol américain. Pour se développer et concurrencer les grands groupes, Kevin Plank va pouvoir travailler sur trois axes : sa gamme de produits destinés aux femmes, le footwear et l’expansion de la marque à l’international. En se concentrant sur ces trois points, on risque de voir Under Armour beaucoup plus souvent autour des stades et salles de sport dans le monde.